Extérieur nuit

Ce travail est d’abord une promenade poétique, une quête de lumière, de calme, de couleurs. Attendre le vide, chercher des espaces, trouver une trace, une écriture, une atmosphère, se laisser surprendre par des formes architecturées, par une ombre, un détail, une fumée d’usine, se laisser porter.
L’on se trouve dans des lieux très différents, qu’il ne s’agit pas d’identifier, l’auteur ne cherche pas à référencer comme dans « utopies » des paysages urbains dont le traitement de la lumière aurait été conçu de façon réfléchie et spécifique dans une époque donnée. Ici, ils existent, ils sont là, et surtout on y passe, on y glisse, on les regarde un instant puis on y échappe, ce qui prime c’est le sentiment subjectif d’une errance qu’ils supposent. Dans cette déambulation, l’on peut deviner un paysage inspiré de Hopper, à la mélancolie suspendue, un ciel de neige en hiver, une usine qui crache sa fumée, des à plats comme peints. La démarche du plasticien, jouant des couleurs, les plaquant tel un peintre, nous immerge dans une réalité qui lui est propre, faite de néons, de perspectives bouchées, d’angles où quelque chose s’échappe, comme une incertitude. L’on imagine volontiers des tonalités musicales accompagnant ces pérégrinations nocturnes, rythmant ces vues.

L’auteur renoue un peu avec des images de la fin des années 90-début 2000, avec ce sentiment d’urgence qui émanait de ses séries urbaines, si ce n’est qu’il ne reprend pas forcément une logique sérielle. On se retrouve donc à nouveau dans un processus d’ordre cinématographique, atmosphérique, témoin d’un temps qui passe, ou se suspend.
Ce qui est donné à voir, ce n’est pas le spectacle d’une réalité en déshérence, mais la poésie de cette promenade. La nuit en est le théâtre, avec son calme, ses absences, ses lumières, son pigment.
De ces images émane quelque chose d’argentique, un grain, des couleurs comme avec les pellicules, une ambiance un brin datée, décalée. Logique en somme pour un photographe ne s’intéressant pas à la restitution de la réalité, ni du paradigme de l’instant décisif, et leur préfère une vision davantage poétique et personnelle, une esthétique particulière, donner à voir du beau là où on ne l’attendrait pas forcément, tenter d’offrir une émotion, un sentiment.

exposition visible du 20 avril au 28 mai 2016 (du mercredi ai samedi 16h30-19h)

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