la mer n'existe pas expo

Ce travail a débuté il y a deux ans en Italie avec des images de forêts en contre jour d’un ciel bleu entre chien et loup. Les panoramiques découpent les ombres, aplatissent les arbres qui ne deviennent qu’un vaste espace sombre non identifiable.
La quête s’est poursuivie cette année par une problématique inhérente à deux voyages (en Toscane-Ombrie et à Lanzarote), c’est à dire comment s’approprier des paysages connus et revus, sans tomber dans le piège de la beauté immédiate de ces lieux ?
La proposition qui tente d’y répondre superpose des images (à la prise de vue sans retouche), et joue avec les couleurs, le flou, personnalisant ces lieux, les entraînant dans un registre plastique, pictural moins facilement reconnaissable.
Le bleu se fond ici dans la nuit, dans un turquoise subtil et vaporeux, mêlant ciel et mer (pour l’île espagnole), avec un jeu sur la balance des blancs (réalisé en amont sur l’appareil), dessinant une atmosphère poétique, composant des tableaux presque abstraits. L’on pense à Harry Gruyaert et ses rivages, l’on pense aussi aux peintures pré impressionnistes, voire romantiques pour le traitement de la lumière. Les images de l’océan côtoient des vues d’Ombrie où les arbres se fondent dans la nuit, tel un monde sous-marin, magique ; voyage onirique, où les choses ne sont pas exactement ce que l’on croit, les verts se fondent dans le ciel éclairé, éclatant d’un bleu klein pur... Le procédé de prise de vue est le même : la nuit doit être claire, la lune pleine, la lumière suffisante. Parfois un petit mouvement nous happe, un bateau à l’horizon, puis les choses redeviennent imperceptibles, diffuses, solennelles, mystérieuses.
La narration de la scénographie nous révèle par ailleurs des images diurnes, rendues abstraites par des superpositions à la prise de vue, procédé déjà employé par l’auteur (extraits du Saulnois notamment), restituant une forme de poésie n’existant pas de cette façon dans la réalité, composant des paysages, construisant et jouant avec les imaginaires. Ici encore le travail sur la couleur est primordial, les photographies se diluent dans des bleus très clairs qui s’opposent aux verts de la terre et des volcans. Les collines sont redessinées, réinventées.
Il s’agit pour le plasticien de poursuivre sa quête de transformation de la réalité, et le titre au fond doit être vu comme un manifeste aux accents surréalistes, la réalité n’existe pas, c’est notre regard qui lui confère toute sa poésie et ses significations.

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