Ces architectures , qui ne permettent pas de distinguer les villes dont elles sont issues, sont communes, presque anonymes, comme datées d'une autre époque (années 80). La couleur, modifiée ici par les néons créant des ambiances urbaines particulières, soulignant des espaces pas spécialement esthétiques, que l'on voit dans toutes les villes. La nuit amplifiant cette forme de poésie, avec le vide, l'absence, la froideur. Pourtant ces espaces ont fait l'objet d'attention particulière il y a quelques années, on y travaillé la lumière, pour y construire des espaces urbains de passages, des cours, des placettes... Notre regard sur ce type de lieu change, ce qui est utopie aujourd'hui vieillira également, c'est cela qui m'intéresse dans ces regards, le décalage entre le temps et l'utopie d'avant. L'on peut penser au cinéma de Wong Kar Waï ou de Derrick, à une esthétique quasi cinématographique, mais nous sommes bien en présence d'un travail et de questionnements photographiques. Ces images ont été prises en été 2014, en full frame et ne sont pas retouchées en post traitement. les couleurs ont fait l'objet d'une attention particulière, en amont de la prise de vue avec un réglage de colométrie au point près. Ce travail s'inscrit dans une quête ancienne et récurrente sur l'architecture et ses abstraction possibles, ses appropriations, thème qui a nourrit de nombreuses expositions pour l'auteur. La nuit permettant de sublimer (et d'effacer) certaines lumières, offre de nouvelles perspectives entre les lumières artificielles, les reflets des vitrines... et les espaces ainsi dessinés. Cette proposition à la frontière d'une démarche plasticienne et documentaire permet de contribuer à un référencement urbain et obsessionnel dans la lignée des époux Becher et de l'école de Düsseldorf par exemple, et de construire une identité architecturée et visuelle spécifique et particulière.

vernissage de l'exposition le vendredi 7 novembre 19h

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